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OUT OF THE BLUES
interview Monique SABATIER - from Nineteen n° 25 (fev. 1988)
John Felice & The Lowdowns. Un peu long sans doute, mais il faudra
bien s’y habituer puisque c’est désormais sous ce nom que s’offriront à nous les nouveaux exploits
(en l’occurence un album, très bientôt) de ce cher vieux Real Kid. Son nouveau groupe s’était
bien trouvé un nom plus percutant, mais des Primevals, New Rose en avait déjà à son
catalogue, alors… Mais à changer, pourquoi ne pas être revenu aux Real Kids ? Comme le Taxi Boys l’avait
fait en 82 pour venir en Europe sous une identité moins anonyme. Après tout un Felice et un Borgioli
d’origine ne sont pas moins vrais que que Felice et l’Alpo venus s’échouer ici pour une tournée échevelée,
une vidéo médiocre et un disque plein de bonnes chansons mais plutôt décevant au niveau
de la production. Un pareil bilan avait fait tourner l’aventure en eau de boudin. Une chanson du nouvel album ne
s’appelle-t-elle pas "I’ll never sing that song again" ? Un morceau qui ne dirait pas plus que son titre
s’il ne s’achevait sur l’arpège d’intro d' "All Kindsa girls". Snif. Une page est tournée.
John Felice ‘Quand on est revenus d’Europe on a eu des problèmes : AIpo s’est
barré, Billy Cole aussi, on ne décrochait pas de concerts. On s’était brouillé avec
Patrick (Mathé de New Rose), on a pensé que comme on ne pouvait pas aller plus loin, il valait
mieux arrêter les frais. J’ai continué à écrire des chansons mais j’étais trop
déprimé pour chercher des musiciens, jus qu’à ce que Billy Borgioli vienne me demander de
le rejoindre. Ca fait quatre ans maintenant qu’on a commencé les Primevals.
Primevals qui sont respectivement le joufflu Felice et Borgioli son vieux complice
de la première époque des Real Kids en rupture de Classic Ruins, aux guitares, Martin Paul Rowland,
avec eux depuis deux ans, à la basse et Pete Taylor qui, après avoir battu pour eux pendant trois
ans, jusqu’à l’album, est parti maintenant.
Nothing Pretty, produit par Richard Harte,
le boss d’Ace Of Hearts, ci-devant producteur des Lyres a les mêmes qualités et les mêmes défauts
que ce qui est toujours sorti des mains de Felice et des siens : une production qui manque de punch mais des morceaux
vigoureux, tout simples et mélodiques, l’école bostonienne quoi, avec en plus, haut perchée,
avec juste ce qu’il faut de fêlure, l’incroyable voix de Felice. Une humeur plus cafardeuse peut-être,
comme celle de ce morceau "Never sing..." ou de "Nothing pretty" qui donne son titre à
l’album.
J.F. : Ca fait longtemps que je n’avais pas enregistré, depuis 83, dans l’intervalle
j'ai écrit un tas de chansons que je voulais graver avant de passer à la suite. Et j’ai déjà
plein de nouveaux morceaux pour le prochain".
Après un dernier regard en arrière pour exorciser les vieux démons,
l’homme Felice ressort de sa coquille. Oui, en fait, il n’y avait aucune raison qu’ils s’appellent à nouveau
les Real Kids. Et les Real Adults aurait fait décidément trop pompeux.
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