Patagonia, Tierra del Fuego en castellanoLes indiens Haush (Manekenk)

famille HaushIls vivaient dans la partie est de la Grande Île de Terre de Feu, entre la bahía Buen Suceso et le cap San Pablo. Bien que certains les considèrent comme apparentés aux Selk'nam, on a aussi émit l'hypothèse que les Aush peuplèrent la Terre de Feu avant eux, puis furent repoussés vers le sud-est de l'île. Ils ont des coutumes et des mythes assez différents de ceux de la tradition Selk'nam, et une langue notablement différente. Une autre différence avec les Selk'nam, l'autre peuple fuégien 'terrien', est l'économie alimentaire et vestimentaire qui ne dépend pas principalement du guanaco, mais du phoque.
Ce fut le premier peuple a disparaître totalement de la Terre de Feu, en 1910, selon Antonio Coiazza, il ne restait qu'une tribu [qui] "habitait entre la Bahía Tetis et la Bahía Fatley, et maintenant elle se réduit à une famille composée du père et de ses deux filles, et d'une femme d'environ trente neuf ans." ; et selon Lucas Bridges, qui le raconte en 1899 : "J'étais tout le temps avec Yoiyimmi et Saklhbarra afin d'apprendre leur langue ? Si j'avais su à cette époque que le aush n'était parlé que par soixante indigènes dans toute la Terre de Feu, je n'aurais certainement pas fait tant d'efforts."

Le peu de données précises sont connues grâce à Lucas Bridges dans son livre 'El ultimo confín de la tierra' (1899) : "Lors des premières années que nous passâmes à Haberton, un petit groupe de Aush nous rendis visite plusieurs fois [...] Ces Aush avaient peur des Onas, leurs voisins du nord ouest, encore plus que des Yaganes, et cette peur était fondée. Pendant plusieurs générations, ils ont été obligés de quitter une bonne terre, de fuir jusqu'à l'extrême sud-est du territoire, et se résoudre à vivre au milieu de la forêt et des marécages."
Et à propos de leur origine : "Je suis convaincu que les onas et les aush sont issus des tehuelches du sud de la Patagonie, mais les aushs sont arrivés en Terre de Feu bien avant les onas [...] Il y a certainement beaucoup plus de différences entre l'aush et l'ona qu'il n'y en a entre ce langage et celui des tehuelches. Je crois qu'au début les aushs occupaient toute l'île, avant d'être obligés de se contenter de la pointe sud-est, de climat humide, et pénalisée par des marécages et d'épais buissons. Ma théorie se trouve confirmée par le fait que dans les terres occupées par les onas, il y a des endroits dont le nom ne signifient rien pour eux, mais qui, par contre, présente une signification tout à fait adéquate dans la langue aush."

A propos de la différence de langue, Lucas Bridges raconte cette anecdote comique : "Je croyais avoir appris environ six cent mots de aush, et même si je savais qu'il y avait de grandes différences entre les langues aush et ona, j'ai essayé de le parler, voulant surtout impressionner mon père avec mes connaissances. Kaushel ne m'a pas comprit, mais je me suis vraiment réjouis quand j'ai entendu sa femme Kohpen me répondre en aush, celle-ci était originaire d'une tribu de l'est."

Mythe, raconté par Antonio Coiazza : "La renarde, chez eux aussi, tenait le rôle de l'animal peureux qui apprenait la méchanceté aux autres. Jadis, le renard était domestiqué, comme le guanaco, le phoque, tous les poissons et les oiseaux, et il chantait sur le même ton ekelé, ekelé, ekelé. Mais un jour on lui fit sentir une odeur vraiment puante, et cela le rendit sauvage, ce à quoi il convertit les autres animaux."

Un autre mythe, raconté par Antonio Coiazza : Il y a un autre esprit mâle, "très mauvais, qui vit dans les entrailles de la terre, et s'appelle Ksorten. [...] Il s'approche des abris, saisit des paniers, et en frappe les femmes, plus spécialement les plus capricieuses ; pour cette raison elles en ont grand peur, et, quand elles le voient, elles se masquent le visage et les yeux avec leur cape. Au contraire, les enfants, effrayés, s'enfuient."

Bien qu'apparemment l'Île des États n'ai jamais été habitée par les indiens fuégiens, Anne Chapman a recueilli un mythe haush, l'histoire de Jáius : "Quand le grand chamán Kox ouvrit la lagune et créa Sati, le détroit de Le Maire, Jáius s'éloigna de l'Île Grande, sa terre natale, et se transforma en l'île de l'autre côté du détroit, île qui pour cette raison portait son nom. [...] Comme c'était la coutume à cette époque, coutume qui a toujours été suivie, son frère, Ai-uken, se maria avec une des soeurs de son beau-frère, appelée Jáiwin. Et, comme le voulait l'usage, celle-ci vint vivre sur les terres de son époux, et ensuite elle se changea en le cap qui portait son nom (cap San Diego) sur les côtes de Sati. Quand Ai-uken s'est marié, Jáius se mit en colère car elle ne voulait pas rester avec Jáiwin (sa belle soeur). C'est pour cela qu'elle est partie et s'est transformée en une île. Elle ne s'est jamais mariée. Elle est restée toute seule, séparée des autres."


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famille Haush
famille Haush

femme Haush
femme Haush

Tenenisk
Tenenisk,
célèbre chamán
d'origine Haush
photo Gusinde

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