Deux corsaires malouins sous le règne de Louis XIV,
par le général de la Villestreux, ed.Librairie Ancienne Honoré Champion, 1929

Carte du détroit de Magellan
Carte du détroit de Magellna, dressée sous les mémoires de Mr de la Morlière, Doct. de Sorbonne

1686-1694, des flibustiers de l'île Saint-Domingue (Relation du voyage de monsieur de Gennes, par le sieur Froger, Amsterdam, 1709), passèrent par le détroit de Magellan, en direction du Pérou.
Après sept années passées à piller les côtes et les navires, ils se dispersèrent après s'être partagé les richesses. Certains d'entre eux réussirent à enlever cinq vaisseaux au Pérou, avec l'un des quels ils entreprirent de retourner aux Antilles. Ils firent naufrage dans le détroit de Magellan, où ils réussirent à construire une pirogue avec laquelle ils réussirent à rejoindre le Brésil, puis les Antilles. L'un de ces flibustiers, Massertie, revint en France et convainquit monsieur de Gennes de demander l'appui des grands de Versailles (Vauban, madame de Montespan, ...)


1695-1696. Monsieur de Gennes et son escadre partent de La Rochelle le 3 juin 1695. Le Faucon Anglais (46 canons, 260 hommes), le Soleil d'Afrique (32 canons, 220 hommes), le Séditieux (26 canons, 140 hommes), la Félicité (8 canons), la Flûte et la Gloutonne.

Ils atteignent le Cap Vierge, à l'entrée du canal de Magellan, le 11 février 1696.

" Deux jours après l'escadre, après avoir pénétré le détroit, atteignait l'île Saint Georges, appelée aussi île des Pingouins, car elle n'était peuplée que de ces oiseaux, et de loups marins.
Sur les côtes du détroit, on vit bientôt de grands feux allumés par les sauvages, qu'il était impossible d'approcher, car le vent soufflait en tempête, en soulevant d'énormes vagues.
On parvint, cependant, à mouiller plus loin, dans une anse abritée, entourée de bois qui ombrageaient de belles sources, des terres fertiles, couvertes de légumes, de groseilles, de céleris, et où pullulaient les outardes, les canards, les grives, et aussi les renards.
Les jours suivants, l'escadre atteignit, presqu'au milieu du détroit, la baie Famine, ainsi dénommée parce que Philippe II, pour y barrer le passage, y avait établi une colonie qui périt de faim peu après.
Ceux des navigateurs qui descendirent à terre, purent, pour la première fois, se rapprocher des sauvages qui étaient de couleur olivâtre, avec des chevaux noirs et longs, le visage et une partie du corps peints en blanc, et sans autres vêtements, malgré la rigueur de la température, que quelques peaux sur leurs épaules.
Ces sauvages étaient armés d'arcs et de flèches, ayant en pointe, des pierres taillées en langue de serpent ; ils construisaient un canot d'écorce d'arbres, et avaient avec eux quelques petits chiens.
Les flibustiers, qui accompagnaient les navigateurs, pour les guider, leur expliquèrent que ces indigènes n'avaient aucune religion, bien qu'ils eussent l'habitude de regarder la lune avec respect ; et que, sans demeures fixes, ils se contentaient d'abris momentanés faits de terre et de branchages.
L'escadre remit à la voile et atteignit Cap Frouart, où elle fit séjour, pour s'approvisionner en bois et en eau, à l'embouchure d'une rivière à laquelle on donna le nom de M. de Gennes. [...]
Mais bientôt, vers le 3 avril, la mer devint de plus en plus mauvaise ; les vents soufflaient en tempête. De plus les vivres commençaient à manquer, et on fut obligé de reconnaître qu'il était trop tard pour pénétrer dans la mer du Sud.


1698-1701. A la suite du voyage de M. de Gennes, les espoirs de richesse restant entiers , de riches armateurs montent un seconde expédition (la Compagnie de Commerce de la Mer du Sud, composée d'une vingtaine des plus riches financiers de France, qui obtint le privilège royal de négocier dans la mer du Sud, d'y faire des découvertes, d'y établir des colonies, et même d'y construire des forts sur les côtes et dans les îles non occupées par une autre puissance européenne, car le gouvernement espagnol avait toujours interdit aux étranger tout commerce avec ses colonies d'Amérique), commandée par le second de M. de Gennes : le sieur Gouin de Beauchesne. Le 18 décembre 1698, partaient de La Rochelle le Phélypeau (44 canons, 140 hommes d'équipage) ; le Maurepas (50 canons, 180 hommes d'équipage) plus une corvette qui dut revenir rapidement et un flûte qui coula, à la première tempête.

" L'escadre arriva le 24 juin 1699 au cap vierge, à l'entrée du canal de Magellan.
Elle avait fait diligence, malgré la pluie, la grêle, malgré la mer démontée, et des vagues si hautes qu'elles s'élevaient parfois au-dessus des mâts.
Ce que les navigateurs aperçurent d'abord, comme leurs prédécesseurs de l'escadre de Gennes, ce furent les grands feux allumés par les indigènes. Mais ils ne se laissèrent pas attarder ; ils doublèrent l'île des pingouins, et le port Famine, où des nuées de perroquets s'ébattaient dans des arbres verts.
Plus loin, à un endroit où le détroit avait environ cinq lieues de large, les deux navires se rapprochèrent de la côte sud, où ils voyaient des sauvages qui, après des pourparlers, consentirent à venir à bord du Phélypeau, pour se chauffer, car ils paraissaient transis.
On leur offrit quelques petits objets et du pain, qu'ils ne mangeaient pas volontiers, car ils expliquèrent qu'il ne se nourrissaient que de coquillages et de viande crue.
Plusieurs jours après, à la hauteur du cap Frouart, les navigateurs reconnurent de belles anses et une rivière, où ils s'approvisionnèrent en eau.
Mais, alors, comme leurs prédécesseurs, ils subirent les premières atteintes de la tempête et des courants contraires qui ralentirent beaucoup leur marche.
Quand le temps se calmait, ils se rapprochaient des côtes, en notaient divers aspects, et ils donnaient des noms aux anses et aux îles.
L'une de ces dernières fut nommée île Louis-le-Grand ; on y chanta un Te Deum, et, sur une grande croix en bois, on inscrivit, en latin, au dessous de trois fleurs de lys : " Le capitaine de vaisseau Beauchesnes Gouin, capitaine des vaisseaux du Roi, a pris possession de cette île, au nom de Louis XIV, le 17 septembre 1699, et l'a nommée Louis-le-Grand ".
Après cette cérémonie, les deux navires doublèrent l'embouchure d'un cours d'eau, qu'on appela rivière du Massacre, parce que le sieur Jouhan, dit de la Guilbaudière, un des flibustiers embarqué à bord du Phélypeau, raconta qu'après avoir fait naufrage, quelques années auparavant, avec les 23 autres flibustiers, il était revenu avec eux à l'embouchure de ce cours d'eau, pour y construire une pirogue.
Quelques-uns de ces camarades s'étant alors montrés trop entreprenants avec des femmes indigènes en l'absence de leurs hommes, ceux-ci avaient mis a mort deux ou trois flibustiers. Pour se venger, les survivants tendirent une embuscade, à la même place, à dix-sept indiens et les massacrèrent.

A la suite de la neige et de la grêle, continuelles pendant les dernières semaines, vinrent les pluies d'octobre, et, après elles, de grands vents qui repoussèrent les deux vaisseaux vers l'est ; si loin, que M. de Beauchesne fut sur le point de se décider à sortir du détroit dans cette direction, pour prendre la voie du Cap Horn.
Puis soudain, les vents ayant tourné à l'est, l'escadre prit la direction du Pacifique, où elle déboucha en fin d'année.
Bien que M. de Beauchesne ait reconnu lui-même que le détroit de Magellan pouvait être traversé en deux mois, il en avait passé sept à y faire, il est vrai, des observations sur les courants, sur le régime des vents et la configuration des côtes, mais qui avaient un peu détourné son attention du but de l'expédition. "

Après avoir commercé , avec difficulté car les espagnols refusaient tout commerce avec des étrangers, l'escadre retourna en Europe, en doublant de Cap Horn. Le 19 janvier 1701, à 60 lieues à l'est de la Terre de Feu, elle rencontra un pile, qui n'était marquée sur aucune carte, dont elle fit le tour, et qu'on nomma île de Beauchesne.


1701-1703. Le Comte de la Bédoyère (250 tonneaux, 24 canons, 68 hommes d'équipage) commandé par Pierre Perrée du Coudray, sieur de la Villestreux, et le Président de Grénédan, de même force, sous les ordres du sieur Jean de Launay, avec un chargement de toiles de Bretagne (à voile ou fines, chapeaux, verroterie, rubans, boutons, pistolets, instruments de fer, etc... ils quittèrent le port de Saint Malo le 22 octobre 1701,

" arrivèrent au Cap Vierge le 7 février 1702, pénétrèrent dans le détroit de Magellan, et mouillèrent successivement dans la baie de la Possession, dans la baie Grégoire, au sud-est de l'île Élisabeth, puis dans une anse bien abritée, la baie Famine, où les navigateurs trouvèrent des choux plantés par M. de Beauchesne, des perroquets en grande quantité, des bandes de canards, de cormorans, d'outardes et aussi pour la première fois, des sauvages.
Ils continuèrent ensuite leur route vers l'ouest, mais, avant leur arrivée au cap Frouart, des vents violents s'élevèrent, qui leur firent perdre des ancres, et les rejetèrent en arrière pendant six jours.
Cédant à la persistance des intempéries, les deux capitaines avaient même résolu de sortir du détroit, en revenant vers l'est, et de prendre la route du Cap Horn, quand le temps se remit au beau, avec des temps si favorables que l'escadre reprit la direction de l'ouest, et mouilla à la rivière du Massacre, le 28 février.
Elle y fut entourée par plusieurs pirogues, portant des indigènes, hommes, femmes et enfants, qui vinrent à bord et y furent émerveillés des dons qu'on leur fit de divers objets.
Sans se laisser attarder, les voyageurs levèrent l'ancre, et après avoir été obligés de céder, parfois pendant des journées entières, à la violence des marées, qui les rejetaient vers l'est, ils parvinrent à se maintenir dans leur direction primitive, et à mouiller dans la baie du port Saint François, si favorable à la pèche qu'ils y prirent des centaines de gros poissons en quelques heures.
Puis, doublant le cap Piller, et des rochers appelés les quatre Évangélistes, ils se trouvèrent enfin, le 8 mars, dans le Pacifique, après une heureuse traversée du détroit, car elle n'avait duré qu'un mois.


1703-1705. Le 26 décembre 1703, le Saint Charles (450 tonneaux, 40 canons, 124 hommes), sous le commandement de Perrée Du Coudray, quittait le port de Saint-Malo avec le Murinet (350 tonneaux, 36 canons), commandé par le sieur de la Fontaine Fouquet, qui avait secondé du Coudray Perrée sur le Comte de la Bédoyère. D'autres hommes avaient également fait partie des précédentes expéditions malouines. Le but déclaré de l'expédition était de rejoindre, pour y commercer, la Chine. En réalité, pour l'armateur Danycan, il s'agissait uniquement de retourner au Chili et au Pérou.

L'escadre "(...) se trouva, après trois mois de navigation, à quelques lieues du détroit de Magellan qu'elle devait franchir. Mais, après avoir dépassé le premier goulet, qui donne accès à l'intérieur du détroit, elle se heurta à des obstacles insurmontables.
Il fallait marcher, de jour, "à la petite voile", avec la sonde à la main, et jeter l'ancre la nuit, pour éviter les écueils et les bas-fonds, qui n'avaient pas été observés en 1702, et qui n'étaient pas indiqués sur les cartes hollandaises dont on se servait.
Enfin, le 2 avril, à peine eut-on mouillé dans un enfoncement, qui paraissait un abri, qu'un ouragan menaçant prit une violence inouïe, et que les navigateurs pensèrent périr.
Le Saint-Charles perdit deux ancres, quatre câbles furent rompus, et, le calme revenu, il fallut près de quinze jours pour réparer les dégâts. Pendant cet arrêt momentané, du Coudray Perrée, des officiers suivis de quelques matelots, se rendirent à terre, et le P.Nyel les accompagna pour " glorifier le Seigneur dans cette partie du monde où l'évangile n'a pas encore pénétré ", disait le vénérable missionnaire.
Ils se trouvèrent, après avoir débarqué ", dans une région couverte de collines boisées,, faiblement ondulées, qu'égayaient une multitude d'oiseaux aux brillants plumages, des pingouins, et surtout d'énormes autruches de deux mètres de haut.
Pendant que les promeneurs examinaient une belle rivière qu'un des officiers, le sieur Baudran de Ballastre venait de découvrir, pour s'y approvisionner, et à laquelle il donna son nom, des indigènes, dans la plus complète nudité, s'approchèrent, et, parmi eux, des hommes d'une taille prodigieuse, des géants de neuf pieds de haut.
[...]
Quelques jours après cette visite à terre, les navigateurs, renonçant à suivre le détroit, traversaient en sens contraire, le goulet, où ils remarquèrent qu'il ne restait plus de traces de la forteresse de Nombre de Dios, que les espagnols, sous le règne de Philippe II, avaient bâtie, pour fermer le détroit aux autres nations.
Puis, faisant voile vers le sud, ils se trouvèrent, le 13 avril, devant de hautes montagnes, couvertes de neige au sommet, et de grands arbres très touffus, au pied.
C'était la Terre de Feu, ainsi nommée à cause de la multiplicité des feux que les premiers explorateurs y virent, pendant la nuit.
Les indigènes, dans ces parages, étaient blancs, mais ils se défiguraient le corps, et changeaient les couleurs naturelles de leur visage par des peintures bizarres.
Ils étaient à demi couverts de peaux d'animaux, et portaient autour du cou, un collier d'écailles de moules blanches, et autour du corps une ceinture de cuir. Ils se nourrissaient d'une herbe amère, qui poussait dans le pays, et dont la fleur était à peu près semblable à celle des tulipes. Ils étaient armés d'arcs et de flèches où ils enchâssaient des pierres assez bien travaillées, et portaient un couteau de pierre, qu'ils déposaient à terre, avec leurs autres armes, quand ils s'approchaient des étrangers, pour leur montrer qu'ils se fiaient à eux.
Leurs cabanes, faites de branches d'arbres entrelacées, avaient sur le toit, en pointe, une ouverture pour laisser passer la fumée.
Leurs canots, en écorces de gros arbres, assez bien travaillés, ne pouvaient contenir que sept ou huit hommes.
Ces barbares répétaient souvent : hoo, hoo, sans qu'on puisse savoir si c'était un langage ou un simple cri.
(Lettres édifiantes et curieuses, par le P.Nyel)


1703-1705. Le Saint-Pierre, un autre bateau de Saint-Malo, capitaine Eon de Carman, partit de Toulon le 15 décembre 1703. Après un combat près de Malaga où il perdit ses mats, il relâcha à Gibraltar, d'où il repartit en février 1704. Il a hiverné quatre mois dans le détroit de Magellan, avant de rejoindre le Saint Charles de Du Coudray Perrée à la Conception, et avec qui il rentrera à Saint-Malo.

1703-1705. Parti de Saint Malo en août 1703, le Saint-Joseph (capitaine de Nermont Trublet), ainsi que le Baron de Breteuil (capitaine des Aulnais Bécard) et le Saint-Esprit (capitaine Porée), partis également pour commercer au Chili et au Pérou, mais sans autorisation royale. Retour en mai 1705.

1703-1704. L'amirauté d'Angleterre avait commissionné deux navires corsaires pour faire la course sur les côtes occidentales d'Amérique du Sud, pour y attaquer les bâtiments français et espagnols : le Saint-George (capitaine George Dampier, 26 canons, 120 hommes) et le Cinque Ports Galley (capitaine Pickering, puis capitaine Stradling, 16 canons, 63 hommes) ; ils quittèrent Kinsale en Irlande le 11 septembre 1703 puis doublèrent le Cap Horn. Echecs dans les combats avec les navires malouins français avant de s'emparer de navires espagnols sur la route de Panama, avant d'être finalement défait par les navires de Du Coudray Perrée.

C'est le capitaine Stradling qui débarqua sur l'île Juan Fernandez, à la fin de 1704, Alexandre Selkirk "Robinson Crusoé".

1706. L'Aurore, commandée par M. de la Rigaudière, à destination du Pérou, avec le consentiment du roi d'Espagne Philippe V, notamment à cause de l'instabilité politique en Espagne en 1706.

1707-1709. Le 30 août 1707, l'Aimable et l'Oriflamme, sous les ordres du capitaine de vaisseau Chabert, à destination du Pérou, avec pour mission de se renseigner à propos d'un éventuelle insurrection de ces colonies (mouvements séparatistes préparés par l'archiduc Charles, d'Espagne). Il devait aussi regrouper et ramener en France tous les navires français, ceux-ci ne devant plus commercer avec l'Amérique du Sud de manière indépendante, depuis l'accord avec Philippe V. Il réunit ainsi en novembre 1708 : la Confiance, le Chancelier, le Brilhac, le Phélypeau (commandé par le capitaine Fouquet), le Saint-Charles, le Saint-Jean-Baptiste, la Vierge-de-Grâce, tous de Saint-Malo, le Saint-Joseph de Marseille et le Saint-François de Nantes. Tous ces navires n'étaient pas de la compagnie commerciale de la mer du sud, et commerçaient indépendamment.

1707. Le 12 octobre 1707 Ducasse quitta Brest avec 9 vaisseaux pour le Chili et le Pérou, avec la charge d'escorter des navires espagnols pour leur retour en Espagne.

1709. Le navire corsaire Duke, commandé par Wood Rogers, avec le même Dampier comme pilote, qui recueillit Selkirk 'Robinson' après quatre années de solitude.

1710 - retour de Valparaiso à Saint-Malo de la Reine d'Espagne

1710 - retour du Pérou, de l'Assomption, navre malouin, commandée par le capitaine Alain Porée.

1710-1713. la Marie-Angélique, de Saint-Malo.


Pendant les années qui suivirent le retour en France de l'escadre Chabert, le commerce des malouins dans la mer du Sud prit une extension considérable, car si le gouvernement rappelait la défense d'y participer, il le tolérait. D'autant plus que l'incurie, à l'époque du gouvernement espagnol, allié de la France face aux anglais, et l'insuffisance de ses moyens d'actions rendaient nécessaire la présence et l'intervention des navires français pour permettre le commerce, même avec l'Espagne. Jusqu'à ce que, devant les sommes considérables en jeu, les fraudes et les réclamations de l'Espagne, une ordonnance royale, le 18 janvier 1712, interdise formellement toute navigation dans la mer du Sud (ordonnance qui devait mener au traité d'Utrecht, signé en 1713, qui réservait aux espagnols le négoce sur la côte occidentale d'Amérique du Sud).
Mais pendant ces quelques années, " La quantité de navires français, tant grands que petits, qui commercent dans ces mers, est si extraordinaire, qu'il n'y a presque pas de jour qu'il n'en paraisse quelqu'un sur les côtes de la mer du Sud, et qui n'entre dans quelques-unes des rades de ces côtes ; qu'il est presque impossible de les en empêcher, tant parce qu'il s'en présente souvent plusieurs à la fois, qui unissent leurs forces, que, parce que les endroits où ils abordent étant sans défenses, ils intimident par leurs menaces ceux qui voudraient empêcher le débarquement de leurs marchandises ; ils font mettre à terre leurs équipages avec des armes, et ils s'ouvrent ainsi par force et par violence la liberté de leur commerce, de manière qu'il est très difficile de remédier à ces fraudes " (Lettre de Daubenton à Pontchartrain, 29 janvier 1708).

Cependant, même après le traité d'Utrecht, le commerce malouin ne cessa pas totalement.

1716. Le Saint-François, de Saint-Malo, armé par le sieur Beauvais le Fer, avec une nouvelle fois la mission de faire rentrer les navires français rencontrés.

1717. La Bellone, vaisseau du Roi de France, pour aller au devant de l'escadre espagnole.

1716-1717. Pour remettre de l'ordre, une escadre de bâtiments de guerre espagnols commandé par un français, le sieur Martinet, avec la mission de ramener -en Espagne- tous les navires français rencontrés.

Les voyages des malouins cessèrent alors jusqu'en 1719.


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