Eduardo Manet : "C'est la langue de l'amour"
Eduardo Manet est né un jour de tremblement de terre. D'autres ont suivi, politiques, ceux-là. Il quitte Cuba en 1951, avant que Batista n'y fasse ses ravages. S'installe à Paris, fréquente les milieux universitaires et les troupes de théâtre. Retourne à Cuba, séduit par la révolution. S'enfuit à nouveau, amèrement déçu par Castro. En 1979, il opte pour la nationalité française, obtient, en 1992, le Goncourt des lycéens pour L'île du lézard vert (éd. Flammarion) et, en 1996, l'Interallié, pour son dixième roman, Rhapsodie cubaine. Au cœur de son œuvre, l'exil, qu'il fait pleurer en phrases chantantes, sensuelles...
" Le français, c'est la langue de l'amour ! La France, le pays de la Révolution ! Toute l'Amérique latine rêve de la France, vit au rythme de sa culture. Je me suis mis à écrire en français par jeu, par hasard, en répondant à un concours de nouvelles. Mon texte a été retenu et publié. Et voilà, depuis, je continue. Je suis un amoureux des langues: l'italien, l'anglais, le russe. J'aime ça, je m'amuse à comparer leurs grammaires. J'adore fouiller les dictionnaires. Etudier, c'est une vertu, comme écrire. Le français n'est pas maîtrisable. Si je fais des fautes ? Mais bien sûr, les Français aussi, non ? "
(from Télérama, 22 janvier 1997)