- No llorés -le dijo Oliveira a Babs, hablándole al oído-.
No llorés, Babs, todo esto no es verdad.
- Oh, sí, oh, sí que es verdad -dijo Babs, sonándose-. Oh, sí que es verdad.
- Será -dijo Oliveira, besándola en la mejilla- pero no es la verdad.
- Como esas sombras -dijo Babs, tragándose los mocos y moviendo la mano de un lado a otro- y uno está
tan triste, Horacio, porque todo es tan hermoso.
Pero todo eso, el canto de Bessie, el arrullo de Coleman Hawkins, ¿no eran ilusiones, y no eran algo todavía
peor, la ilusión de otras ilusiones, una cadena vertiginosa hacia atrás, hacia un mono mirándose
en el agua el primer día del mundo.
Cortázar - Rayuela [12] [-106]
la statue de l'ange - Faraway, so close de Wim Wenders
La Rayuela / La Marelle
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casilla
/ case 5
- Ne pleure pas, dit Oliveira à l'oreille de Babs. Ne pleure pas,
rien de tout cela n'est vrai.
- Oh si, oh si c'est vrai dit Babs en se mouchant. Oh ! que si c'est vrai.
- Peut-être, fit Oliveira en l'embrassant sur la joue mais ce n'est pas la vérité.
- Comme ces ombres, dit Babs en avalant ses larmes et en agitant la main, et on est triste Horacio, parce que c'est
si beau.
Mais tout cela, le chant de Bessie, le bercement de Coleman Hawlins, n'étaient-ce pas des illusions, n'étaient-ce
pas quelque chose de pire encore l'illusion d'autres illusions, une chaîne vertigineuse vers l'arrière,
vers un singe qui se mire dans l'eau au premier jour du monde ?
Cortázar - Rayuela [12] [-106]
la statue de l'ange - Faraway, so close de Wim Wenders
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